watercolor

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LOUIS XI
Louis XI

CIMETIÈRE
graves

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NOTRE DAME
Spring

CHOEUR ET AUTEL
Choeur

DÉTAIL DE PEINTURE MURALE
Fresque


HISTOIRE

L’église est mentionnée pour la première fois  en 1139, dans un document de confirmation  des domaines de l’abbaye de Cormery délivré par le pape Innocent II qui mentionne également la chapelle Sainte-Foy. Celle-ci était située dans l'enceinte du château d'Ussé, et fut plus tard le siège d'un prieuré de l'abbaye. L'ermitage Saint-Paul, un peu plus à l'est, est mentionné pour la première fois en 1180. Selon une légende rapportée au XIIe siècle, c'est là qu'aurait été inhumé Keu, le sénéchal du roi Arthur, fondateur de la Table Ronde.

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Les fouilles effectuées par le Laboratoire Archéologie et Territoires (CNRS-Université de Tours) entre 1986 et 1999 ont mis au jour, sous l'église actuelle, les vestiges de deux églises antérieures, la première construite à la charnière du VIIe et du VIIIe siècle, et la seconde à la fin du Xe siècle. Elles ont révélé également, autour de l'église, l'existence de vastes bâtiments de pierre contemporains de la première église. A cette époque, Rigny était un domaine du monastère Saint-Martin de Tours. La colonia Riniaco est mentionnée en effet dans les Documents comptables du monastère à la fin du VIIe siècle avec sept tenanciers dont les noms sont parvenus jusqu'à nous. Ils cultivaient de l'orge, du seigle, de l'avoine et du froment.

A partir de la première moitié du VIIIe siècle, les bâtiments de pierre sont peu à peu tombés en ruines et leur emplacement a été occupé progressivement par des sépultures.

Le domaine de Rigny a sans doute été donné à l'abbaye de Cormery lors de la fondation de cette dernière en 791 par Ithier, abbé de Saint-Martin de Tours.

L'église actuelle, qui date des XIe-XIIe siècles, est beaucoup plus grande que les deux églises qui l'ont précédée.

Curieusement, le centre de la croisée du transept est occupé par un escalier descendant vers ce qui apparaît comme un mur de crypte d’une part, un puit d’autre part, le tout actuellement sous eau. En effet, depuis le milieu du 18 éme siècle, mais seulement depuis, il est fait mention d’une source miraculeuse qui guérirait « le mal des femmes ». La relation entre l’occupation funéraire d’un lieu de culte et l’existence d’une « source miraculeuse » sur le site, bien que probablement fort ancienne, n’est à ce jour ni formellement établie ni datée. Ces fouilles ont aussi révélé que cimetière et habitations se cotoyaient autour de l’église ; se déplaçant vers le sud de l’église, les habitations ont fini par disparaître, laissant un cimetière de quelque 720m2 qui restera « en activité » jusqu’en 1865, comme il est dit plus loin.

Au 15ème siècle, la région de Saint Benoît-la-Forêt et de Rigny est un lieu de séjour régulier du roi Louis XI, qui vient à la messe à Notre Dame de Rigny et y signe des ordonnances et lettres missives.

Au fil des siècles, et certainement depuis le 16ème siècle, le hameau de Rigny, de son vallon s’est déplacé vers le bourg d’Ussé, à proximité du château. L’église Notre Dame et le cimetière restèrent néanmoins le centre de culte et d’inhumation de la paroisse de Rigny jusqu’au milieu du 19ème siècle. Jusqu’à ce moment un chapitre de chanoines desservait l’église du château et les notables du villages étaient enterrés dans les terres du château.

 L’accès à l’« église paroissiale » était bien inconfortable : on allait du bourg (près du château) à l’église par un sentier appelé « le chemin de la messe » qui traversait la forêt jusqu’à l’entrée ouest de l’église, sentier qui existe encore à ce jour. En effet, le « talweg » (la ligne la plus basse d’une dépression) du vallon n’a été aménagé de façon carrossable qu’en 1843 !

Sous Napoléon III, quatre cinquièmes de la population du village habitent « Ussé » (autour du château) et non plus « Rigny » (dans le vallon). A cette époque, la Comtesse de la Rochejacquelin, propriétaire du château d’Ussé, reçoit un important héritage d’une dame Georget, à charge de faire construire une nouvelle église dans le bourg d’Ussé. Suite aux arrangements conclus avec la commune :

• la nouvelle église est construite (1858 – 1859), • la commune cède l’église de Notre Dame de Rigny à Mme de la Rochejacquelin (avec quelques ares de terrain autour), sous la condition de la maintenir en état et d’en garantir l’accès aux pélerins et autres manifestations du culte, • Mme de la Rochejacquelin cède un terrain à la commune pour y créer le nouveau cimetière communal, « mis en service » en 1865.

Notre Dame se retrouve donc être propriété du château ... et bien seule dans son vallon. En 1885, la famille de Blacas acquiert le château et le possède depuis lors. Elle entretient également l’église de Notre dame de Rigny.

En 1930, le comte Louis de Blacas, maire de Rigny Ussé, fait classer l’église Monument Historique, avec les avantages et les inconvénients que cela comporte : obligation d’entretien, travaux sous contrôle des architectes des Monuments de France et subsides limités.

De fait, dès après la guerre 40-45, certains travaux sont accomplis: trois « chaînages » (tiges métalliques traversant le bâtiment de part en part pour solidariser les parois extérieures) sont posés mais l’église, ouverte à tous vents, se dégrade rapidement par vandalisme et jusqu’à l’effondrement d’un partie de la voûte de la nef.

Fin des années 70, la famille de Blacas propose à la commune de Rigny-Ussé de racheter les lieux mais celle-ci refuse, devant l’immensité de la tâche. En 1983, l’église (et 22 ares de terrain autour) sont vendus, pour un franc symbolique, à l’«Association du Parc Forestier de Teillay », présidée par le Dr Marc Jacquet.

L'association deviendra plus tard l'ASSOCIATION NOTRE DAME DE RIGNY.

Pour en savoir plus :
Zadora-Rio (E.), Thomas (F.), Jouquand (A.M.), Rigny-Ussé 1 : L'Etat des lieux d'après les sources écrites, Supplément à la Revue Archéologique du Centre, 1992, p.13-38.

Zadora-Rio E., Galinié H. et al.- Fouilles et prospections à Rigny-Ussé, rapport préliminaire 1986-1991, Revue Archéologique du Centre , 1992, p.75-166.

Zadora-Rio E., H.Galinié et al.-La fouille de l'ancien centre paroissial de Rigny (commune de Rigny-Ussé, Indre-et-Loire). Deuxième rapport préliminaire (1992-1994), Revue Archéologique du Centre , t.34, 1995, p 195-249.

Zadora-Rio, E., Galinié H. en collaboration avec Ph.Husi, M.Liard, X.Rodier, C.Theureau - La fouille du site de Rigny, 7e-19e s.: l'habitat, les églises, le cimetière. Troisième et dernier rapport préliminaire (1995-1999), Revue Archéologiquye du Centre, 40, 2001, p.167-242